Arnaque à l’offre d’emploi : reconnaître une fausse offre avant de donner vos papiers ou votre argent

Une offre d’emploi qui vous demande de payer, d’envoyer vos papiers et votre RIB avant l’embauche, ou de recevoir de l’argent pour le renvoyer ailleurs est une arnaque, même quand l’entreprise existe. Vérifiez l’entreprise vous-même avant de répondre.

Un jeune homme à un arrêt de bus lit un message sur son téléphone avec un air méfiant

Comment une fausse offre d’emploi arrive jusqu’à vous

Une fausse offre d’emploi ressemble beaucoup à une vraie. Elle peut être publiée sur un site d’annonces connu, envoyée par e-mail ou par SMS, ou arriver par un message privé sur un réseau social. Le poste est souvent simple à décrire : télétravail, saisie de données, téléconseiller, assistant administratif, préparation de colis. La rémunération est correcte ou un peu au-dessus de la moyenne, l’expérience n’est pas exigée et les horaires sont souples.

Celui qui l’écrit se présente comme recruteur. Il peut reprendre le nom d’une vraie entreprise, son adresse, son logo et même un numéro SIRET qui existe. Cybermalveillance.gouv.fr le décrit ainsi : des fraudeurs se font passer pour de vrais recruteurs en usurpant le nom d’une entreprise, son adresse, l’identité d’un salarié ou d’un responsable, ou son numéro de SIRET. L’entreprise dont le nom est utilisé n’a rien à voir avec l’annonce : elle est visée, elle aussi.

Le but final est presque toujours l’un de ces trois : vous faire payer quelque chose, obtenir des copies de vos papiers et votre RIB, ou faire passer de l’argent ou des colis par vous. France Travail distingue deux grandes formes : la proposition d’emploi que vous n’avez pas demandée, et la fausse annonce publiée sur un site d’emploi légitime, y compris parfois sur son propre site.

Chercher un travail, c’est déjà une période de pression. Les escrocs le savent et misent sur cette attente. Répondre à une annonce qui avait l’air normale n’a rien d’imprudent : c’est exactement ce que l’annonce était faite pour obtenir.

L’offre qui arrive sans candidature et sans vrai entretien

Le premier signal se trouve souvent au tout début. Vous n’avez pas postulé, et pourtant quelqu’un vous écrit que votre profil a retenu son attention. Ou bien vous avez postulé, et la réponse arrive en quelques minutes avec une proposition ferme, sans question sur votre parcours.

Le recrutement se déroule ensuite entièrement par écrit : un échange sur une messagerie, un questionnaire, parfois un « entretien » par chat où personne ne montre son visage. Le recruteur ne peut pas vous rencontrer parce qu’il serait à l’étranger, ou il vous écrit à des horaires inhabituels. Cybermalveillance.gouv.fr cite justement ces deux situations parmi les signaux à surveiller, ainsi que le recruteur qui, en cours d’échange, vous propose soudain un autre poste que celui de l’annonce.

Un exemple inventé, du genre de ceux qui circulent : « Bonjour, nous avons vu votre CV. Poste d’assistant à domicile, 2 100 euros par mois, démarrage lundi. Merci de confirmer aujourd’hui en nous envoyant votre pièce d’identité et votre RIB pour le contrat. »

Une vraie entreprise peut recruter vite, mais elle veut savoir à qui elle confie un poste. Un recrutement où personne ne vous pose de vraie question sur vos compétences est un recrutement où le poste n’est pas le sujet.

  • Contact non sollicité : vous n’avez rien envoyé à cette entreprise.
  • Décision immédiate : on vous embauche avant de vous connaître.
  • Pression sur le délai : il faudrait répondre ou signer dans la journée.
  • Adresse d’expéditeur qui ne colle pas : une messagerie gratuite ou un nom de domaine proche de celui de l’entreprise, mais pas le sien.

Pourquoi un employeur qui vous demande de l’argent met fin à la discussion

C’est la règle la plus simple à retenir : on ne paie pas pour être embauché. France Travail le résume dans sa liste de ce qu’il ne faut jamais faire : verser de l’argent à un employeur potentiel, quelle que soit la justification.

Les justifications, elles, varient : kit de démarrage, matériel informatique, formation obligatoire, frais de dossier, badge, tenue, logiciel à acheter auprès d’un « fournisseur partenaire ». Souvent, on vous promet que la somme sera remboursée avec le premier salaire. L’exemple publié par France Travail est parlant : un poste de téléconseiller à domicile, sans expérience, avec un kit de démarrage à 89 euros « remboursé dès le premier mois ». Contact non sollicité, urgence et paiement préalable : les trois signaux sont réunis dans le même message.

Le paiement demandé passe souvent par un moyen difficile à contester : coupon prépayé acheté chez un buraliste, virement vers un compte de particulier, transfert d’argent international, ou cryptomonnaie. Plus le moyen de paiement est inhabituel pour une entreprise, plus le signal est fort.

Et les données personnelles ?

Une entreprise a besoin de certaines informations pour établir un contrat et vous payer. Mais elle les demande au moment de l’embauche, pas avant le premier échange. France Travail conseille de ne pas communiquer votre numéro de sécurité sociale ni votre RIB avant une embauche formalisée. Une copie de pièce d’identité envoyée à un faux recruteur peut servir à ouvrir un compte, souscrire un crédit ou se faire passer pour vous ailleurs.

Si vous devez envoyer une copie de document à quelqu’un que vous ne connaissez pas encore bien, Cybermalveillance.gouv.fr recommande de la marquer : écrire sur la copie le motif de l’envoi, la date et le destinataire, pour qu’elle ne puisse pas être réutilisée telle quelle.

L’offre sur WhatsApp qui paie pour liker des vidéos ou noter des hôtels

L’offre qui paie pour des tâches simples sur WhatsApp ou Telegram est une autre forme de fausse offre d’emploi, que Cybermalveillance.gouv.fr appelle l’« arnaque à la tâche » et observe depuis fin 2022. Elle arrive par SMS, par message privé, par une invitation dans un groupe ou par une vidéo sur un réseau social : un travail à domicile à temps partiel, sans qualification, avec un « salaire journalier » qui va de quelques dizaines à un millier d’euros.

Les premières tâches sont faciles : liker des vidéos, s’abonner à des comptes, laisser un avis sur un commerce. Elles sont vraiment payées, d’une petite somme, pour vous mettre en confiance. Ensuite, on vous envoie sur un site qui affiche une « cagnotte », souvent en cryptomonnaie, et on vous demande d’y verser votre propre argent pour acheter des lots de tâches censés rapporter davantage. La cagnotte ne se débloque jamais : il y a toujours un objectif de plus à atteindre, donc un nouveau lot à payer, jusqu’à ce que le compte soit bloqué ou que le site disparaisse.

Un exemple inventé, sur le modèle des messages publiés par Cybermalveillance.gouv.fr : « Bonjour, votre CV nous a été recommandé par plusieurs agences. Travail à temps partiel depuis chez vous : noter des hôtels, une à deux heures par jour, jusqu’à 300 euros payés le jour même. Contactez-nous sur WhatsApp. »

La règle de la section précédente suffit à trancher : si vous devez verser de l’argent pour pouvoir travailler, c’est une escroquerie. Ne répondez pas, signalez le compte ou le groupe dans l’application, et transférez un SMS au 33700. Si vous avez déjà versé de l’argent, arrêtez tout échange, même si la personne devient insistante ou menaçante, gardez les messages et l’adresse du site, et portez plainte.

Le chèque qui apparaît sur votre compte puis repart

Une variante fréquente commence par une bonne nouvelle. L’« employeur » vous envoie un chèque pour acheter votre matériel, ou une avance sur salaire. Il vous demande de l’encaisser, de garder une partie et d’envoyer le reste à un fournisseur, à un collègue ou à un autre compte. Parfois, le chèque est d’un montant plus élevé que prévu, et on vous demande de renvoyer la différence.

Le piège tient dans un détail du fonctionnement bancaire. Quand vous déposez un chèque, la somme peut apparaître sur votre compte rapidement. Cela ne veut pas dire que le chèque est bon. Cybermalveillance.gouv.fr l’explique dans ses conseils : même si le montant d’un chèque déposé apparaît en crédit sur votre compte, la banque, une fois les vérifications réalisées, a plusieurs semaines pour valider l’opération ou l’annuler en débitant votre compte du même montant.

Si le chèque était volé ou falsifié, il revient. Le montant est retiré de votre compte. L’argent que vous avez envoyé entre-temps, lui, est parti pour de bon, et c’était votre argent.

La consigne est donc simple : n’encaissez pas un chèque qui ne vient pas d’un employeur avec qui vous avez signé un contrat, et ne renvoyez jamais une partie d’un chèque que vous venez de recevoir. Si vous l’avez déjà déposé, prévenez votre banque avant de toucher à l’argent.

Quand le travail consiste à faire passer de l’argent ou des colis

Certaines offres ne cherchent pas à vous faire payer. Elles cherchent à utiliser votre compte bancaire ou votre adresse. Le poste porte un nom flatteur : agent de transfert, assistant financier, gestionnaire de paiements, réceptionnaire de marchandises. Le travail consiste à recevoir de l’argent sur votre compte et à le renvoyer ailleurs en gardant une commission, ou à recevoir des colis chez vous et à les réexpédier à une autre adresse.

France Travail met cette situation dans sa liste des choses à ne jamais accepter : être rémunéré pour recevoir et retransférer des fonds sur un autre compte, c’est ce qu’on appelle être une mule financière. L’argent qui transite par votre compte vient en général d’autres victimes. C’est votre nom et votre compte qui apparaissent quand la fraude est découverte.

Les colis à réexpédier posent le même problème. Les marchandises ont souvent été achetées avec des cartes bancaires volées, et votre adresse sert à brouiller la piste entre l’achat et le fraudeur.

Si une offre vous demande de recevoir puis de renvoyer de l’argent, arrêtez-vous à ce moment-là, même si tout le reste paraissait sérieux. Notre article sur la mule financière explique ce qui se passe pour la personne dont le compte a servi, et quoi faire si cela vous est déjà arrivé.

Comment vérifier une offre avant de répondre

La vérification se fait en dehors du message reçu. Tout ce que l’annonce affirme sur l’entreprise peut se contrôler ailleurs, par un chemin que vous choisissez vous-même.

  • Cherchez l’entreprise dans l’Annuaire des Entreprises. Vous y trouverez son existence légale, son adresse et ses dirigeants. Un SIRET valide prouve que l’entreprise existe, pas que l’annonce vient d’elle.
  • Ouvrez le site officiel de l’entreprise en tapant son adresse vous-même, et regardez si le poste y figure dans la rubrique recrutement ou carrières.
  • Comparez l’adresse e-mail du recruteur avec le nom de domaine du site officiel. France Travail rappelle qu’elle doit correspondre exactement au domaine de l’entreprise.
  • Appelez l’entreprise au numéro trouvé sur son site, pas à celui donné dans l’annonce, et demandez si le recrutement existe et si la personne qui vous a écrit y travaille.
  • Si l’offre dit venir de France Travail, connectez-vous à votre espace personnel pour vérifier. France Travail indique qu’il ne vous demandera jamais de verser de l’argent, de fournir vos coordonnées bancaires par mail ou SMS, ni de payer un accès à ses services.

Pour une méthode plus complète de vérification d’une société inconnue, voyez vérifier si une entreprise est fiable. Si un lien arrive avec l’offre, vérifier si un lien est sûr explique comment lire une adresse avant de l’ouvrir.

Une vraie entreprise ne vous reprochera pas d’avoir appelé pour vérifier. Si votre question fait disparaître le recruteur ou le rend agressif, vous avez votre réponse.

Une personne fait une recherche sur un ordinateur portable, une offre d'emploi imprimée posée à côté du clavier
Scène illustrative : on vérifie une offre en cherchant l’entreprise soi-même, pas en répondant au message reçu.

Si vous avez déjà payé ou envoyé vos papiers

Commencez par couper le contact. Ne répondez plus, ne versez rien de plus, même si l’on vous promet que ce dernier paiement débloquera tout. Gardez les preuves avant de supprimer quoi que ce soit : captures de l’annonce, messages, numéros, adresses e-mail, reçus de paiement.

  1. Si vous avez payé ou donné vos coordonnées bancaires, appelez votre banque tout de suite par le numéro de votre carte ou de votre application. Pour un paiement par carte que vous n’avez pas autorisé, service-public.gouv.fr rappelle qu’un paiement frauduleux ne peut plus être remboursé s’il date de plus de 13 mois. Pour un virement que vous avez fait vous-même, demandez sans attendre ce qui peut encore être tenté.
  2. Si vous avez encaissé un chèque, prévenez la banque et ne renvoyez rien.
  3. Si vous avez envoyé une copie de pièce d’identité, mentionnez-le dans votre plainte : Cybermalveillance.gouv.fr indique que ce dépôt de plainte vous aidera dans vos démarches futures si quelqu’un utilise ensuite votre identité. Surveillez vos comptes et le courrier que vous recevez.
  4. Signalez l’annonce au site qui l’a publiée, et à France Travail par le bouton « Signaler cette offre » si elle y figurait. Prévenez aussi l’entreprise dont le nom a été utilisé, et signalez les faits sur PHAROS, la plateforme de signalement du ministère de l’Intérieur.
  5. Portez plainte au commissariat, à la gendarmerie, ou en ligne sur THESEE pour certaines escroqueries sur internet. Info Escroqueries répond au 0 805 805 817, du lundi au vendredi de 9 h à 18 h 30, et France Victimes accompagne gratuitement au 116 006.

17Cyber, le service de la police, de la gendarmerie et de Cybermalveillance.gouv.fr, vous guide aussi dans les démarches selon votre situation.

Vous n’avez rien à vous reprocher

Ces annonces copient de vraies entreprises et de vraies procédures de recrutement. Avoir répondu, envoyé un document ou payé un kit ne fait pas de vous le responsable. La faute est entièrement du côté de celui qui a monté la fausse offre.

Questions fréquentes sur les fausses offres d’emploi

Est-ce normal qu’un employeur me demande de payer du matériel ou une formation ?

Non. Un employeur fournit le matériel nécessaire ou le prend en charge, et vous ne payez pas pour être recruté. France Travail conseille de ne jamais verser d’argent à un employeur potentiel, quelle que soit la justification, même si l’on vous promet un remboursement avec le premier salaire.

Le chèque de l’employeur apparaît sur mon compte. Puis-je renvoyer le reste ?

Non. Un chèque qui apparaît en crédit n’est pas forcément un chèque validé. La banque peut l’annuler plusieurs semaines plus tard s’il était volé ou falsifié, et retirer la somme de votre compte. L’argent que vous auriez renvoyé serait perdu. Prévenez votre banque et ne touchez pas à cette somme.

Est-ce que je risque quelque chose si le travail consistait à recevoir et renvoyer de l’argent ?

Faire transiter de l’argent d’origine frauduleuse par son compte peut constituer du blanchiment, puni en France de peines pouvant aller jusqu’à cinq ans de prison et 375 000 euros d’amende. Si vous vous rendez compte de la situation, arrêtez tout transfert, ne renvoyez rien, et prévenez votre banque et la police rapidement.

Comment savoir si un message de recruteur vient vraiment de l’entreprise ?

Cherchez l’entreprise vous-même, ouvrez son site officiel en tapant l’adresse, et comparez le nom de domaine avec l’adresse e-mail du recruteur. Puis appelez l’entreprise au numéro de son site, pas à celui de l’annonce, pour demander si l’offre et la personne existent.

Comment signaler une offre d’emploi frauduleuse ?

Signalez l’annonce au site qui l’a publiée et, si elle était sur France Travail, par le bouton « Signaler cette offre ». Cybermalveillance.gouv.fr conseille aussi de prévenir l’entreprise dont le nom est utilisé et de signaler les faits sur PHAROS, internet-signalement.gouv.fr. Un SMS se transfère au 33700. Si vous avez payé ou envoyé des papiers, portez plainte.

J’ai envoyé ma carte d’identité et mon RIB à un faux recruteur. Que faire ?

Prévenez votre banque, surveillez vos comptes, et portez plainte en mentionnant les documents envoyés : ce dépôt vous servira si quelqu’un tente ensuite d’utiliser votre identité. Info Escroqueries, au 0 805 805 817, peut vous orienter dans les démarches.

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