Arnaque aux impôts : reconnaître un faux message de la DGFiP et quoi faire

L’administration fiscale ne vous demande jamais votre numéro de carte bancaire ni vos identifiants par courriel, SMS ou téléphone. Cette seule règle suffit à écarter la plupart des faux messages des impôts.

Un homme d'âge mûr, bras croisés et l'air sceptique, assis à une table de salle à manger devant des papiers et un téléphone

Comment l’administration fiscale vous contacte vraiment

Les impôts sont gérés en France par la Direction générale des Finances publiques (DGFiP). Ses messages, ses avis et ses échanges avec vous passent d’abord par votre espace Finances publiques sur impots.gouv.fr, auquel vous vous connectez vous-même, et par sa messagerie sécurisée. C’est là que se trouvent vos avis d’impôt, vos déclarations et l’historique de vos échanges.

La DGFiP donne elle-même quelques repères précis sur sa page Attention aux arnaques :

  • Ses adresses électroniques se terminent uniquement par @dgfip.finances.gouv.fr.
  • Ses sites ont une adresse en .gouv.fr, une terminaison réservée à l’État. Toute autre forme d’adresse révèle, selon elle, une action malveillante.
  • Ses numéros de téléphone pour les particuliers sont les numéros ordinaires des centres des Finances publiques (en 01, 02, 03, 04 ou 05) et le numéro unique non surtaxé 0 809 401 401.
  • Elle n’envoie jamais de SMS pour un défaut de paiement.

Une conséquence pratique : un message qui vous demande d’agir en dehors de votre espace, par un lien, une pièce jointe ou un rappel à un numéro inconnu, sort déjà du cadre normal avant même qu’on regarde ce qu’il raconte. Pour lire l’adresse d’un expéditeur ou d’un lien sans vous tromper, voyez notre article pour reconnaître un faux e-mail.

Ce que la DGFiP ne fait jamais

Sur sa page consacrée aux courriels et SMS frauduleux, la DGFiP écrit que le numéro de carte bancaire ne vous est jamais demandé pour payer un impôt, pour rembourser un crédit d’impôt ou pour compléter vos coordonnées personnelles.

Elle ajoute plusieurs règles qui ferment la porte à la plupart des faux messages :

  • Elle ne vous envoie pas de courriel qui vous invite à remplir un formulaire en ligne pour obtenir un remboursement sans passer par votre espace authentifié.
  • Elle ne vous notifie pas par courriel le résultat d’un examen de votre situation fiscale.
  • Le directeur ou la directrice générale ne vous écrit pas personnellement pour vous annoncer une fraude.
  • Elle ne vous demande jamais vos identifiants ou votre numéro de carte par message, et rappelle dans sa foire aux questions d’août 2026 qu’aucune réponse ni action n’est attendue de votre part en dehors de votre espace sur impots.gouv.fr.

Le test qui marche sans connaître le droit fiscal : vous n’avez pas besoin de savoir si la dette ou le remboursement annoncé est réel. Regardez seulement ce qu’on vous demande et à quelle vitesse. Un numéro de carte, un code reçu par SMS, un paiement immédiat, une menace d’huissier, de police ou de prison : un seul de ces éléments suffit à répondre. Raccrocher ou supprimer le message ne vous fait rien perdre, même si vous avez vraiment un impôt à payer, car votre espace et vos avis restent là.

Vérifier un courrier, un appel ou un message

Vous pouvez vérifier n’importe quel contact sans y répondre, en passant par un chemin que vous choisissez vous-même.

  • N’utilisez aucune coordonnée du message. Ni le lien, ni le numéro de rappel, ni le QR code. C’est justement l’élément qu’on ne peut pas vérifier avec le message lui-même.
  • Connectez-vous à votre espace en tapant vous-même impots.gouv.fr dans votre navigateur. Si un remboursement, une somme à payer ou un message existe vraiment, vous le trouverez là.
  • Utilisez la messagerie sécurisée de votre espace pour poser la question à votre service des impôts. La DGFiP le recommande quand l’expéditeur semble être un de ses agents.
  • Appelez un numéro fiable. Selon la DGFiP, seuls les numéros qui figurent sur vos documents officiels (avis ou déclarations d’impôt) sont fiables, ainsi que le numéro unique 0 809 401 401.
  • Pour un courrier papier, la DGFiP conseille, en cas de doute, de contacter votre centre des Finances publiques, dont les coordonnées figurent sur votre avis d’impôt.
  • Ne payez rien pour « suspendre » une procédure. Un paiement partiel exigé tout de suite fait partie de la pression.

Notre article pour vérifier si un lien est sûr explique comment lire l’adresse réelle derrière un lien sans cliquer dessus.

Un homme remplit des papiers à une table en bois en fin de journée, sous une lampe de bureau, avec d'autres documents empilés à côté
Scène illustrative : les numéros fiables pour joindre les impôts sont ceux de vos avis et déclarations, pas ceux d’un message reçu.

Les arnaques aux impôts les plus fréquentes

La DGFiP tient à jour une liste des escroqueries qui utilisent son nom. Plusieurs reviennent régulièrement, et chacune a une parade qui ne demande aucune connaissance fiscale.

  • Le faux remboursement. Un courriel ou un SMS annonce un remboursement après un « bilan de votre situation fiscale » et demande votre carte pour le recevoir. Un vrai remboursement se voit dans votre espace et arrive sur le compte bancaire que vous y avez déclaré.
  • La fausse fraude fiscale. Un message exige le paiement d’arriérés en vous accusant de fraude, avec menace d’huissier, d’intervention des forces de l’ordre, de lourdes amendes ou de prison. Il peut prendre la forme d’une pièce jointe qui imite un courrier officiel, avec un faux agent, une fausse signature ou un faux tampon. Des courriels intitulés « Rapport d’Audit Fiscal : Fraude Détectée », prétendument signés par la directrice générale, ont circulé.
  • La fausse amende. Un SMS parle d’une amende de stationnement impayée et propose de « régulariser » par un lien. La DGFiP n’envoie jamais de SMS pour un défaut de paiement.
  • Le numéro surtaxé. Un appel signale une « anomalie » dans votre dossier et vous demande de rappeler au plus vite un numéro surtaxé, facturé 5 euros la minute selon la DGFiP. Certains sites affichent aussi de faux numéros en 0 899 ou 0 891 pour joindre les centres des impôts.
  • Le faux agent qui veut votre numéro fiscal. La DGFiP cite l’exemple d’un faux agent d’un ministère qui demande votre numéro fiscal pour vous faire bénéficier d’une chaudière gratuite. Avec ce numéro, l’escroc peut tenter de pirater votre compte fiscal.

Un exemple inventé de faux SMS : « Votre remboursement d’impôt de 312,40 euros est en attente. Confirmez vos coordonnées bancaires avant ce soir pour le recevoir : [lien] ». Le remboursement qui arrive par SMS, le délai de quelques heures et le lien qui ne mène pas à impots.gouv.fr trahissent le message. Notre article sur le faux SMS détaille ces signaux.

Source : TF1 INFO

Les vols de données de 2026 et les messages qui en profitent

En 2026, la DGFiP a annoncé deux incidents qui rendent les faux messages plus crédibles.

Le fichier des comptes bancaires. À partir de la fin janvier 2026, une personne qui avait usurpé les identifiants d’un fonctionnaire a consulté une partie du fichier national des comptes bancaires (FICOBA), selon l’annonce de la DGFiP. Environ 1,2 million de comptes seraient concernés, avec le RIB, l’identité du titulaire et l’adresse.

Le système d’information de la DGFiP. En juin, juillet et août 2026, des accès frauduleux faits avec des identifiants d’agents volés ont permis d’extraire des données. D’après la foire aux questions de la DGFiP, un peu plus de 350 000 particuliers sont concernés : identifiant fiscal, état civil, coordonnées postales, téléphoniques et électroniques, situation fiscale et liste des messages échangés par la messagerie d’impots.gouv.fr. Des données du cadastre, avec l’adresse et la surface de biens immobiliers, ont aussi été consultées. La DGFiP précise que les espaces Finances publiques et les mots de passe n’ont pas été compromis, et qu’elle surveille de plus près les changements d’adresse ou de coordonnées bancaires sur les comptes des personnes concernées.

Ce que cela change pour vous : un escroc peut connaître votre nom, votre adresse, votre revenu fiscal de référence ou le nom de votre banque. La DGFiP prévient que ces données peuvent servir à rendre plus crédibles des messages ou des appels frauduleux, par exemple au faux conseiller bancaire. Qu’une personne connaisse ces détails ne prouve donc pas qu’elle vient des impôts ou de votre banque.

Les personnes concernées par le vol d’août ont reçu à partir du 17 août 2026 un message d’information de la DGFiP, par courriel ou par courrier. Selon la DGFiP, ce message ne contient aucun lien vers votre espace fiscal et ne demande aucune information confidentielle. Un message qui dit venir de cette campagne et contient un lien ou une demande de code est faux.

Si quelqu’un utilise vos données fiscales ou votre compte

La France n’a pas de code spécial à ajouter à sa déclaration pour bloquer une déclaration frauduleuse. La protection passe par votre espace et par quelques vérifications.

  • Surveillez les changements dans votre espace. Une adresse, un numéro de téléphone ou des coordonnées bancaires que vous n’avez pas modifiés sont un signal. La DGFiP indique renforcer la surveillance des changements d’adresse et de coordonnées bancaires sur les comptes des personnes touchées par le vol de données.
  • Changez votre mot de passe si vous l’avez saisi sur un site douteux, en vous connectant vous-même à impots.gouv.fr.
  • Vérifiez les comptes ouverts à votre nom. La Banque de France explique que vous pouvez obtenir la liste des comptes recensés dans FICOBA via la messagerie sécurisée de votre espace, rubrique « Autres services », ou par courrier au service des impôts des particuliers.
  • Gardez les preuves si vous soupçonnez une utilisation frauduleuse de vos données : messages, adresses de sites, captures d’écran.

Si vos données servent à ouvrir un compte, un crédit ou un abonnement, la démarche dépasse les impôts. Notre article sur l’usurpation d’identité donne l’ordre des démarches.

Où signaler un faux message des impôts

Signaler ne prend que quelques minutes et aide à faire fermer les sites et les numéros frauduleux.

  • Un faux courriel : ne répondez pas, ne cliquez pas, supprimez-le, comme le demande la DGFiP. Vous pouvez aussi le signaler sur Signal Spam.
  • Un faux SMS : transférez-le gratuitement au 33700, le service d’alerte des opérateurs, puis supprimez-le.
  • Un faux site ou un contenu illicite : signalez-le sur la plateforme PHAROS, à l’adresse internet-signalement.gouv.fr, que la DGFiP cite dans sa page sur la conduite à tenir en cas d’arnaque.
  • Si vos données ont été utilisées : faites le diagnostic sur 17Cyber, le service de la police, de la gendarmerie et de Cybermalveillance.gouv.fr, et signalez le vol de vos données sur Cybermalveillance.gouv.fr.
  • Pour être conseillé par téléphone : Info Escroqueries répond gratuitement au 0 805 805 817.

Si vous avez payé ou donné des informations

Agissez vite et dans cet ordre. Le temps compte surtout pour la carte bancaire et pour les codes.

  1. Vous avez donné votre numéro de carte : appelez votre banque au numéro inscrit sur votre carte ou dans votre application, et faites opposition. Si un paiement est déjà passé, demandez à votre banque comment le contester.
  2. Vous avez donné vos identifiants impots.gouv.fr : connectez-vous vous-même et changez votre mot de passe, puis vérifiez vos coordonnées bancaires et votre adresse. Contactez votre service des impôts par la messagerie sécurisée ou au 0 809 401 401.
  3. Vous avez donné un code reçu par SMS : prévenez la banque ou le service concerné tout de suite, car ce code sert souvent à valider un paiement.
  4. Vous avez fait un virement : appelez votre banque pour tenter de le bloquer. Voyez notre article virement instantané et arnaque : que faire.
  5. Portez plainte au commissariat, à la gendarmerie, en ligne sur THESEE pour certaines arnaques sur internet, ou par courrier au procureur de la République, avec toutes vos preuves. C’est ce que recommande la CNIL en cas de préjudice, comme le rappelle la DGFiP.

Ces messages sont faits pour ressembler à l’administration et pour faire peur. Avoir répondu à l’un d’eux n’a rien de honteux. Le dire vite à votre banque et aux impôts limite les dégâts.

Questions fréquentes sur les arnaques aux impôts

Les impôts peuvent-ils me demander mon numéro de carte bancaire par courriel ?

Non. La DGFiP écrit que le numéro de carte bancaire ne vous est jamais demandé pour payer un impôt, recevoir un remboursement ou compléter vos coordonnées. Un message qui le demande est faux.

Comment reconnaître un vrai mail des impôts ?

L’administration fiscale n’utilise que des adresses en @dgfip.finances.gouv.fr et des sites en .gouv.fr. Dans le doute, ne cliquez pas : connectez-vous vous-même à votre espace sur impots.gouv.fr et regardez si le message y figure.

J’ai reçu un SMS pour une amende impayée. Est-ce les impôts ?

La DGFiP n’envoie jamais de SMS pour un défaut de paiement. Ne cliquez pas sur le lien, transférez le SMS au 33700 et vérifiez par un autre canal si vous avez un doute.

Quel numéro appeler pour joindre les impôts sans risque ?

Les numéros inscrits sur vos avis et déclarations, les numéros ordinaires des centres des Finances publiques et le numéro unique non surtaxé 0 809 401 401. Les numéros en 0 899 ou 0 891 affichés sur certains sites sont frauduleux.

Mes données ont fuité lors du piratage de la DGFiP. Dois-je changer mon mot de passe ?

La DGFiP indique que les mots de passe des espaces Finances publiques ne font pas partie des données volées, donc ce n’est pas obligatoire. Vous pouvez le faire à tout moment, et surtout rester méfiant face aux messages qui citent vos données.

Où signaler un faux message des impôts ?

Un courriel sur Signal Spam, un SMS au 33700, un faux site sur PHAROS. Si vos données ont été utilisées, faites le diagnostic sur 17Cyber et portez plainte en cas de préjudice.

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